Quand l’art se met au service des soins au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes

Pour l’occasion, Grégoire Delacourt, romancier, a lu et écrit un texte inédit spécialement pour l’Unité de Soins Palliatifs de la Polyclinique Vauban.
Au cours de la soirée, Hélène Mauri, photographe, a également présentée une exposition de photos intitulée «Par-delà ma fenêtre».
Stanislas Velliet et le Quartet Barbershop, proposaient un court récital a capella. Une table ronde sur les soins palliatifs a clôturé la manifestation.

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« L’écrivain Grégoire Delacourt fait escale dès qu’il le peut dans son Valenciennois. Mais vendredi, au musée des Beaux-Arts, l’occasion était encore plus sensible et personnelle que les autres. Il y a rendu un hommage éclairé à l’équipe du Dr Thomazeau.

Le musée des Beaux-Arts, Grégoire Delacourt n’y avait pas mis les pieds depuis de nombreuses années. Pourtant, il le connaît bien. Enfant, «  il y avait ce tableau qui me faisait peur  », se souvient-il en souriant. Mais vendredi, s’il a pris le temps de passer dans les salles d’exposition, l’écrivain répondait à l’invitation lancée il y a une petite année par le Dr Thomazeau, responsable de l’unité de soins palliatifs à la Polyclinique Vauban, pour une double occasion : la journée dédiée à cette prise en charge et le dixième anniversaire du dispositif dans l’établissement.

Grégoire Delacourt y a vécu le décès de son papa et le travail qui est mené par l’équipe l’a énormément touché et aidé. D’où un grand « oui » à la proposition du Dr Thomazeau. «  Moi je ne fais rien qu’une approche émotionnelle, expliquait l’écrivain avant la lecture du texte écrit spécialement pour ce moment, c’est mon point de vue, j’ai fait de mon mieux… Il est normal de rendre à ces gens qui donnent tellement aux familles. L’apaisement. On peut se dire que certes il est mort mais «C’était bien». C’est dans ces moments que l’on prend conscience que la vie c’est bref, c’est super-beau, c’est super-court, qu’on peut bien partir. Que bien faire partir quelqu’un c’est un lien d’amour. Quand on perd quelqu’un, qu’on sait cela, si on n’en fait rien, on est des cons. On doit se dire «Je sais des choses que d’autres ne savent pas : qu’est-ce que j’en fais ?» C’est comme un cadeau que nous fait la personne décédée  ».

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Le texte qu’il a lu était de la même tonalité. Après d’autres lectures, la présentation du travail de la photographe (et infirmière) Hélène Mauri a également marqué la centaine de professionnels conviés. La jeune femme est en effet allée à la rencontre des personnes accueillies dans l’unité et a photographié ce qu’elles voyaient de leur fenêtre en tenant compte de leurs perceptions. Un travail sensible comme l’ont souligné Virginie Renon, directrice de la polyclinique, et le Dr Thomazeau, tous deux très soucieux d’associer l’ensemble de l’équipe qui entoure les dix lits de l’unité, «  avec énergie, a insisté le médecin, chez nous on réintègre la mort à la vie, et le titre du livre de Grégoire Delacourt, «On ne voyait que le bonheur», fait sens dans l’unité  ». »

Extrait de La Voix du Nord

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Grégoire Delacourts (ci-dessus)
L’Equipe de l’unité de Soins palliatifs de la Clinique (à droite)